À peine plus haut que trois pommes, vous êtes étonnés par les gros mots qui font partie du vocabulaire de votre petit ange. Mine de rien, il en glisse un, ici et là. L'usage des gros mots fait fureur chez la plupart des tout-petits. Que comprendre? Que faire? Que se passe-t-il?
Rapidement, vous remettez en cause la qualité de votre éducation ou celle de votre partenaire de vie ou vous pensez que votre enfant a besoin d'attention, de faire réagir ou de vous tester. Avant de conclure trop rapidement, il est important de considérer plusieurs éléments tels que la place qu'occupe ces gros mots dans la vie de votre enfant.
Selon l'âge des enfants, les gros mots vont varier. Pour le petit de deux ou trois ans, les mots pipi, caca, … représenteront l'interdit donc peu à peu, à ces mots collera un attrait féroce. Pour les grands de quatre, cinq ans, les jurons se manifesteront simplement par imitation ou par plaisir de provocation. Un peu plus vieux, le mélange de ces mots laissera passer des messages explosifs . Un nombre important d'adultes continuent de croire que dire des gros mots en situation de stress leur fait du bien. Il ne faut pas s'étonner si pour plusieurs petits en prononcer même accidentellement représente un privilège.
Parfois, l'enfant répète par ignorance ou pour exprimer ses sentiments et dans d'autres cas, il valorise ce langage qui crée des réactions vives autour de lui.
Souvent les adultes vont ignorer le message grossier, l'efficacité de cette intervention est discutable. S'il s'agit d'un fait passager, effectivement l’enfant cessera en peu de temps. Y prêter trop d’attention serait exagéré.
Si c'est par ennui, voilà donc une façon d'avoir toute votre attention. S'y attarder serait donc de renforcer cet usage. Ainsi pour déjouer cette stratégie, ignorez ce comportement et proposez-lui une activité agréable au cours de laquelle il aura votre attention et votre valorisation.
Si vous remarquez les occasions où l'enfant est porté à faire usage de ces mots, les situations de frustration, de peine et de colère apparaissent souvent en tête de liste. Dans ces cas, vous devez intervenir pour réduire ce comportement. Votre intervention consistera à aider l'enfant à exprimer adéquatement son message et à nommer les motifs pour lesquels il dit ces gros mots. S'il y a vraiment répétition ou exagération, chercher des mots compensatoires pour traduire et canaliser ses émotions comme dire Château de cartes pourra permettre à l'enfant d'exprimer sa peine ou sa colère sans blesser personne... Surtout n'oublier pas de renforcer et de valoriser l'enfant pour cet ajustement de comportement acceptable.
Comme adulte, parent, éducateur ou intervenant, nous ne devons pas omettre de réfléchir sur l'usage personnel de ces mots grossiers. Sans porter de jugement trop rapide qui condamne l'entourage, il y a peut-être lieu de faire certains ajustements personnels.
Merci à Ginette Lajoie, psychoéducatrice et collaboratrice de Coup de Pouce Enfants Ressources.