Vous vivez avec un homme plus âgé que vous qui a déjà connu une relation précédente et la paternité. Vous dites avoir du mal à accepter son passé, mais vous semblez aussi accepter difficilement son présent. Votre partenaire a un enfant encore jeune dont il doit prendre soin. Il ne peut pas vous donner tout le temps l'attention que vous souhaiteriez. Cependant, il reste important que vous investissiez dans votre relation de couple. Votre conjoint doit accepter de vous prioriser et passer le message que vous avez une place importante dans sa vie. Vous avez besoin que votre partenaire s'occupe de vous et ce besoin est tout à fait légitime. Cependant, cela ne doit pas se faire en compétition avec son enfant, car vous seriez alors possiblement perdante. Vous ne devez pas non plus compétitionner avec son ex-conjointe. Elle a été présente dans sa vie et le demeure encore (en partie) du fait qu'ils partagent une responsabilité parentale. La proximité physique de son ex-conjointe peut être difficile à accepter. Mais je crois que le fait de les voir s'entendre vous est encore plus difficile. Si la bonne entente se limite à leurs rôles parentaux, cela me parait acceptable. Cependant, s'ils ont encore une grande proximité affective, alors je comprends vos réactions.
Les frontières devraient être clairement définies entre les ex-conjoints. Exprimez vos besoins d'affection et d'attention sans gêne. Cela est tout à fait correct. Mais éviter la compétition. Vous devez aussi sentir que votre partenaire a un intérêt à s'occuper de vous. Le couple dans la famille recomposée doit avoir développé une bonne alliance pour arriver à une adaptation familiale. Vous auriez aussi avantage à développer une relation avec l'enfant. Lorsque des liens affectifs se seront tissés entre vous deux, il ne vous percevra plus comme une compétitrice et il vous paraîtra aussi plus supportable.
Donnez-vous du temps et dialoguez avec votre conjoint en exprimant vos besoins et en recherchant des compromis. Si vous sentez que vous devez sans cesse faire des concessions et que votre partenaire ne se montre pas ouvert à faire des compromis, c'est peut-être qu'il n'accorde pas à votre relation l'importance que vous souhaiteriez. Si vous ne pouvez répondre à vos besoins (du moins certains besoins importants) dans cette relation, vous devrez peut-être alors envisager de remettre en question cette relation. Vous souhaitez une vie de couple et cela devrait pouvoir se réaliser, même en famille recomposée. Il faut cependant tenir compte de la dynamique particulière de cette famille et être ouvert à faire des compromis.
Les problèmes des familles recomposées.
Une famille qui vient de se recomposer fait face à de nombreux enjeux. Les membres d'une famille recomposée ont dû faire l'expérience de pertes affectives importantes. Ils n'ont pas d'histoire familiale en commun, ne partagent pas les mêmes manières de faire les choses et peuvent avoir des croyances différentes. Comme dans toute entreprise personnelle, développer de bonnes relations au sein d'une famille recomposée demande beaucoup d'efforts. Selon les psychiatres d'enfant et d'adolescent, un enfant peut se sentir tiraillé entre les parents avec lesquels il vit et le parent divorcé qui vit ailleurs. En plus, les couples nouvellement mariés n'ont pas forcément eu le temps de s'adapter à ces nouvelles relations. S'ils prennent en compte de façon créative les enjeux qu'ils rencontrent, les membres de la famille peuvent s'entraider et ainsi créer des liens solides entre eux, alors qu'il leur faut :
- se consoler de leurs pertes,
- développer de nouveaux savoir-faire pour prendre des décisions dans cette famille,
- encourager ou renforcer les nouvelles relations entre les parents, entre les beaux-parents et les enfants du ou des conjoints et entre les demi-frères et sœurs entres eux,
- se soutenir les uns les autres afin de maintenir les relations parents-enfants d'origine.
Bien qu'il puisse être difficile de faire face à tous ces enjeux, la plupart des familles recomposées se sortent de ces problèmes avec l'aide des grands-parents, de groupes d'aide ou de programmes communautaires locaux. Il peut être intéressant et nécessaire de parler ou d’échanger ensemble lorsqu’une personne de la famille a les sentiments suivants ;
- se sent seul pour faire face à ses pertes affectives,
- est tiraillé entre deux parents, deux maisons,
- est exclu,
- est isolé avec ses sentiments de culpabilité ou de colère,
- incertain de ce qui est juste ou correct, mal à l'aise avec un membre quelconque de la famille d'origine ou la/les belle(s) famille(s).
Si les signes suivants persistent, il peut être utile d’aller rencontrer un intervenant.
- l'enfant laisse libre cours à sa colère envers un membre particulier de la famille.
- un des parents souffre d'un immense stress et se trouve incapable d'aider l'enfant en répondant à ses besoins et sa colère.
- un beau-parent ou un parent favorise ouvertement un des enfants ou un enfant a du ressentiment pour un beau-parent ou un parent.
- seul le parent naturel, et non le beau-parent est en charge de discipliner l'enfant. Un des membres de la famille n'éprouve aucune joie dans les activités qui procurent un certain plaisir comme l'apprentissage, l'école, le jeu ou la compagnie des amis ou de la famille.
La plupart des familles recomposées quand elles ont eu le temps de développer leurs propres traditions et leurs modes de relations peuvent apporter des relations émotionnellement riches et durables pour les adultes et aider l'enfant à développer son estime de lui-même et la force de prendre plaisir aux enjeux de la vie.
Nancy Lacroix
Coordonnatrice
L'Association des Familles Monoparentales et Recomoposées la Chaudière
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